Transformation SARL en SAS : procédure complète
Passer d'une SARL à une SAS permet d'assouplir la gouvernance et de faciliter l'entrée de nouveaux investisseurs. Voici les conditions, les étapes et les conséquences de cette transformation statutaire.
Hermann Ballié
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Transformation SARL en SAS : procédure complète
À mesure qu'une entreprise grandit, accueille de nouveaux investisseurs ou cherche à assouplir son fonctionnement, la forme de la SARL montre parfois ses limites. La SAS, plus souple et plus adaptée à la levée de fonds, devient alors une option naturelle. La bonne nouvelle, c'est que passer d'une forme à l'autre ne signifie pas créer une nouvelle société : il s'agit d'une transformation, qui conserve le même numéro SIREN et la même personnalité morale.
Ce guide détaille pourquoi les dirigeants choisissent cette transformation, les conditions à remplir, et les étapes concrètes de la procédure.
Pourquoi transformer une SARL en SAS ?
La SAS offre une liberté statutaire bien plus large que la SARL, dont le fonctionnement est en grande partie fixé par la loi. Les associés d'une SAS peuvent organiser librement la gouvernance, les modalités de prise de décision, les clauses d'agrément ou d'inaliénabilité, et créer différentes catégories d'actions avec des droits distincts.
Cette flexibilité explique pourquoi les sociétés qui envisagent une levée de fonds, l'arrivée d'investisseurs ou la mise en place de mécanismes d'intéressement comme les actions gratuites ou les BSPCE optent souvent pour la SAS. La cession d'actions y est également plus simple qu'en SARL, où la cession de parts à un tiers étranger à la société est soumise à un agrément des associés.
Les conditions préalables à la transformation
La transformation d'une SARL en SAS est en principe décidée à l'unanimité des associés, la loi protégeant ainsi les associés minoritaires contre un changement de régime qu'ils n'auraient pas approuvé. Certaines exceptions existent selon les statuts et la situation de la société, mais l'unanimité reste la règle la plus courante en pratique.
Avant la transformation, la société doit également faire évaluer sa situation par un commissaire à la transformation, sauf si elle dispose déjà d'un commissaire aux comptes en exercice. Ce professionnel indépendant vérifie que les capitaux propres de la société sont au moins égaux au capital social, une condition nécessaire pour que la transformation puisse avoir lieu dans des conditions régulières.
Les étapes de la procédure de transformation
La procédure démarre par la désignation du commissaire à la transformation, qui établit un rapport sur la situation de la société. Ce rapport est ensuite présenté aux associés réunis en assemblée générale extraordinaire, qui votent la transformation et adoptent les nouveaux statuts de la SAS.
Ces nouveaux statuts doivent notamment désigner le président de la SAS, qui remplace le gérant de la SARL à la tête de la société, et définir les règles de gouvernance souhaitées par les associés. Une fois la décision actée dans un procès-verbal, un avis de transformation est publié dans un journal d'annonces légales, puis le dossier complet est déposé sur le guichet unique de l'INPI pour transmission au greffe du tribunal de commerce.
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Quelles conséquences pour les associés et le fonctionnement de la société ?
La transformation n'entraîne pas la création d'une nouvelle personne morale : le numéro SIREN reste identique, les contrats en cours se poursuivent, et la société conserve son historique. Un nouvel extrait Kbis est délivré, mentionnant la nouvelle forme juridique SAS.
En revanche, le mandat du gérant de la SARL prend fin avec la transformation, et un président doit être nommé selon les modalités prévues par les nouveaux statuts. Le régime social et fiscal du dirigeant peut également évoluer, notamment si le président n'est pas associé majoritaire, ce qui peut modifier son régime de protection sociale par rapport à celui de gérant majoritaire de SARL.
Sur le plan fiscal, la transformation d'une SARL en SAS n'entraîne en principe pas les conséquences d'une cessation d'entreprise, à condition que les mêmes règles d'imposition continuent à s'appliquer après l'opération. La société reste donc soumise au même régime fiscal qu'avant la transformation, sauf décision contraire des associés, et conserve ses déficits reportables ainsi que ses engagements en cours.
Combien de temps et quel budget prévoir pour cette transformation ?
La durée totale de l'opération dépend largement du temps nécessaire pour obtenir le rapport du commissaire à la transformation, qui constitue souvent l'étape la plus longue. Une fois ce rapport disponible, l'assemblée générale, la rédaction des nouveaux statuts et le dépôt du dossier peuvent généralement être finalisés en trois à six semaines.
Le budget à prévoir comprend plusieurs postes : les honoraires du commissaire à la transformation, qui varient selon la taille de la société et la complexité de sa situation patrimoniale, les frais de publication de l'annonce légale, de l'ordre de 150 à 250 euros, ainsi que les frais de greffe liés au dépôt du dossier de modification, généralement compris entre 150 et 250 euros. Si la rédaction des nouveaux statuts est confiée à un professionnel, des honoraires complémentaires s'ajoutent, mais sécurisent un acte qui régira durablement le fonctionnement de la société.
Transformation SARL en SAS : un choix à anticiper avec les associés
Au-delà de l'aspect purement formel, transformer une SARL en SAS est avant tout une décision stratégique qui mérite d'être anticipée collectivement. La rédaction des nouveaux statuts est l'occasion de redéfinir en profondeur les règles de gouvernance, les modalités de sortie des associés, ou encore les conditions d'entrée de futurs investisseurs, autant de sujets qu'il est plus simple de traiter calmement en amont que dans l'urgence d'une levée de fonds à finaliser.
Que faire après la transformation ?
Une fois la transformation actée, plusieurs démarches restent à effectuer auprès des partenaires de l'entreprise. Les banques doivent être informées du changement de forme juridique pour mettre à jour les comptes et les pouvoirs de signature, et les contrats en cours avec les fournisseurs ou clients qui mentionnent la forme juridique de la société peuvent nécessiter une mise à jour administrative, même si leur exécution n'est pas remise en cause.
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