Acheter un véhicule à titre personnel ou au nom de la société : que choisir ?
Découvrez s’il vaut mieux acheter un véhicule à titre personnel ou au nom de la société : fiscalité, TVA, charges, avantages et inconvénients selon votre activité.
Hermann Ballié
Juridique Apps
Prêt à créer votre société ?
Sur devis · Juriste dédié · 100% en ligne
Acheter un véhicule à titre personnel ou au nom de la société : que choisir ?
C'est une question que beaucoup de dirigeants et d'indépendants se posent au moment de changer de véhicule. Acheter au nom de la société semble souvent plus avantageux à première vue car on imagine que toutes les dépenses seront déductibles. La réalité est plus nuancée et la meilleure option dépend de nombreux facteurs propres à chaque situation.
Ce guide vous explique les avantages et les inconvénients de chaque option pour vous aider à faire le choix le plus adapté à votre situation fiscale et professionnelle.
Les deux options et ce qu'elles impliquent
Acheter un véhicule au nom de la société signifie que la société est propriétaire du véhicule. Elle supporte l'achat, l'entretien, l'assurance et tous les frais liés au véhicule. Ces dépenses sont enregistrées dans la comptabilité de la société et viennent réduire son résultat.
Acheter un véhicule à titre personnel signifie que vous êtes propriétaire du véhicule en tant que personne physique. Vous pouvez ensuite refacturer à votre société les kilomètres parcourus à titre professionnel via les indemnités kilométriques. Ces indemnités sont déductibles du résultat de la société et constituent un revenu non imposable pour vous dans certaines limites.
Le véhicule de société : les avantages
Le premier avantage d'un véhicule détenu par la société est la déductibilité des frais. L'ensemble des charges liées au véhicule, entretien, assurance, carburant et loyers en cas de leasing, peuvent être déduites du résultat de la société, ce qui réduit l'impôt à payer.
Pour les véhicules utilitaires ou les véhicules affectés exclusivement à un usage professionnel, la TVA sur le carburant et sur certains frais d'entretien peut être récupérée, ce qui représente une économie supplémentaire non négligeable.
Dans le cas d'un véhicule financé en leasing ou en location longue durée, les loyers sont intégralement déductibles dans certaines limites, ce qui peut être fiscalement très avantageux.
Le véhicule de société : les inconvénients
Le principal inconvénient d'un véhicule de société est la taxe sur les véhicules de société, communément appelée TVS mais désormais remplacée par deux taxes distinctes depuis 2023. Ces taxes s'appliquent à tous les véhicules de tourisme utilisés par la société, qu'ils soient en propriété ou en location. Leur montant dépend des émissions de CO2 du véhicule et peut représenter plusieurs centaines voire plusieurs milliers d'euros par an pour un véhicule polluant.
La TVA sur l'achat d'un véhicule de tourisme n'est pas récupérable. Seuls les véhicules strictement utilitaires permettent de récupérer la TVA à l'achat. Pour les voitures de tourisme classiques, la TVA représente donc un coût définitif.
Si le dirigeant utilise le véhicule de société à titre privé, cet usage personnel constitue un avantage en nature qui doit être déclaré et qui est soumis à charges sociales et à impôt sur le revenu. Cet avantage en nature peut neutraliser une partie des avantages fiscaux liés à la détention du véhicule par la société.
Enfin, un véhicule de société figure à l'actif du bilan de la société. En cas de cession, la plus-value est imposée au niveau de la société, ce qui peut représenter un coût fiscal supplémentaire.
Le véhicule personnel avec indemnités kilométriques : les avantages
L'utilisation d'un véhicule personnel avec remboursement des kilomètres professionnels via les indemnités kilométriques est souvent une solution plus simple et fiscalement intéressante pour les dirigeants qui utilisent peu leur véhicule à titre professionnel.
Les indemnités kilométriques sont calculées sur la base du barème publié chaque année par l'administration fiscale. Ce barème tient compte de la puissance fiscale du véhicule et du nombre de kilomètres parcourus. Les montants ainsi remboursés sont déductibles du résultat de la société et ne constituent pas un revenu imposable pour le dirigeant dans la limite du barème officiel.
Cette option évite les taxes sur les véhicules de société et les complications liées à l'avantage en nature. Elle est particulièrement avantageuse pour les dirigeants qui effectuent moins de 15 000 à 20 000 kilomètres professionnels par an.
Le véhicule personnel avec indemnités kilométriques : les inconvénients
Le principal inconvénient des indemnités kilométriques est qu'elles ne couvrent pas toujours l'intégralité du coût réel d'utilisation du véhicule, notamment pour les véhicules récents ou les véhicules électriques dont le coût d'achat est élevé. Le barème kilométrique peut s'avérer insuffisant si votre véhicule est particulièrement coûteux.
Cette option nécessite également une tenue rigoureuse d'un carnet de bord qui recense tous les déplacements professionnels avec les dates, les destinations et les distances parcourues. Ce document est indispensable en cas de contrôle fiscal pour justifier les indemnités versées.
Besoin d'aide pour cette formalité ?
Nos juristes prennent en charge votre créer votre société de A à Z.
La fiscalité selon la forme juridique de votre société
Le choix entre véhicule personnel et véhicule de société est également influencé par la forme juridique de votre société et votre régime fiscal personnel.
Pour un dirigeant de SASU qui se rémunère en dividendes, les indemnités kilométriques peuvent être particulièrement intéressantes car elles constituent un revenu non soumis aux charges sociales, contrairement à la rémunération classique.
Pour un gérant majoritaire de SARL, la situation peut être différente car son régime social spécifique peut influer sur le traitement fiscal optimal du véhicule.
Pour un auto-entrepreneur, la question se pose différemment car les charges sont calculées sur le chiffre d'affaires et non sur le bénéfice. Les déductions de charges n'ont donc pas le même impact que dans une société soumise à l'impôt sur les sociétés.
Les véhicules électriques : un traitement favorable
Les véhicules électriques bénéficient d'un traitement fiscal favorable qui peut changer la donne dans certaines situations. Ils sont soumis à une taxation sur les véhicules de société significativement plus faible que les véhicules thermiques en raison de leurs émissions de CO2 nulles ou très faibles.
Pour une société qui souhaite acheter un véhicule de société, choisir un véhicule électrique peut donc réduire considérablement le coût fiscal annuel lié aux taxes sur les véhicules de société.
Comment choisir la bonne option ?
Il n'existe pas de réponse universelle à cette question. Le choix optimal dépend de plusieurs facteurs qu'il faut analyser ensemble.
Le premier facteur est le nombre de kilomètres professionnels annuels. Pour de nombreux kilomètres professionnels, le véhicule de société peut être plus avantageux grâce à la déductibilité globale des frais. Pour peu de kilomètres, les indemnités kilométriques sont souvent suffisantes et plus simples à gérer.
Le deuxième facteur est le type de véhicule envisagé. Un véhicule très polluant avec des émissions de CO2 élevées sera lourdement taxé s'il est acheté par la société. Un véhicule électrique ou hybride sera traité beaucoup plus favorablement.
Le troisième facteur est votre régime fiscal personnel et celui de votre société. Selon votre taux marginal d'imposition et le résultat de votre société, la déductibilité des frais liés au véhicule peut avoir plus ou moins d'impact.
Le quatrième facteur est l'utilisation personnelle du véhicule. Plus vous utilisez le véhicule à titre privé, plus l'avantage en nature sera important et réduira l'intérêt du véhicule de société.
Une simulation chiffrée est indispensable
Face à la complexité de ces paramètres, la meilleure approche est de réaliser une simulation chiffrée avec votre expert-comptable pour comparer les deux options dans votre situation spécifique. Cette simulation doit intégrer le coût d'achat ou de location du véhicule, les taxes sur les véhicules de société applicables, la TVA non récupérable, l'avantage en nature et les charges sociales correspondantes, les indemnités kilométriques selon le barème officiel et l'impact sur l'impôt sur les sociétés de la société.
Cette analyse comparative permet de prendre une décision éclairée et d'éviter de choisir une option qui semble avantageuse en apparence mais qui s'avère moins optimale une fois tous les paramètres pris en compte.
Pourquoi se faire accompagner pour cette décision ?
La décision d'acheter un véhicule à titre personnel ou au nom de la société touche à la fiscalité de la société, à votre fiscalité personnelle et à votre régime social. Ces trois dimensions doivent être analysées ensemble pour prendre la bonne décision. Un expert-comptable ou un conseiller fiscal peut réaliser cette analyse pour vous et vous orienter vers la solution la plus avantageuse selon votre situation réelle.
Conclusion
Le choix entre un véhicule de société et un véhicule personnel avec indemnités kilométriques n'est pas universel. Il dépend de votre situation personnelle, de votre forme juridique, du type de véhicule envisagé et du nombre de kilomètres professionnels parcourus. Une simulation chiffrée avec un professionnel est souvent indispensable pour faire le bon choix. Dans tous les cas, ne pas se fier aux idées reçues et analyser précisément les chiffres avant de décider est la meilleure approche pour optimiser votre fiscalité.
L'équipe JuridiqueApps vous accompagne dans toutes vos démarches juridiques. Pour les questions fiscales et comptables liées au véhicule, notre partenaire le cabinet Cristalis Audit vous apporte l'expertise nécessaire.
Services associés à cet article
Lancez votre projet entrepreneurial
Créez votre société avec un juriste dédié. Formalités 100% en ligne, traitement sous 5 à 7 jours ouvrés.